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La macrophotographie

DEFINITION

On appelle ainsi la photo réalisée à un rapport de reproduction supérieur à 0,1.

Ce rapport de reproduction est celui que l’on obtient avec la mise au point minimale sur un objectif normal de 50 mm de focale.

La macrophotographie nécessite un boîtier à visée reflex qui permet de voir le sujet à travers l’objectif.

Pour agrandir l’image obtenue dans le viseur, nous disposons de plusieurs types de matériel.

DEFINITION

Les bonnettes

Ce sont de simples loupes que l’on place devant l’objectif. Solution peu onéreuse, elles permettent un rapport de reproduction de 0,8 sans aucune perte de lumière, mais introduisent des distorsions très tolérables en photo de nature mais inacceptables en reproduction de document.

Les zooms macro

La position « macro » sur un zoom permet en général d’atteindre un rapport de reproduction de 0,3 à 0,5. Sur beaucoup de zooms la prosition « macro » n’est permise que pour la plus longue focale.

Les bagues allonge

Elles grandissent l’image par augmentation de la distance film-objectif. Cette distance est appelée TIRAGE.

En général, un jeu de 4 bagues allonge permet, avec un objectif normal de 50mm, d’atteindre tous les rapports de reproduction compris entre 0,1 et 1,5. Pour chaque sujet, il faut choisir une combinaison de bagues donnant le rapport de reproduction convenable.

En macrophotographie, l’autofocus n’est pas utile. Il n’est donc pas nécessaire d’acquérir des bagues conservant cette fonction.

Les exemples sont donnés pour un objectif normal (50 mm). Si on double la focale, il faut également doubler le tirage pour obtenir le même rapport de reproduction, mais la distance frontale est également doublée ce qui permet de protographier les insectes dans leur biotope.

Les soufflets

Ils permettent des tirages compris entre 25 mm et 150 mm. Associés à un 50 mm, on peut donc aller du raport 0,5 à 2,5 sans démonter l’objectif, en continu.

Un soufflet est encombrant, fragile et très cher. Il convient peu aux prises de vues dans la nature. Son emploi est généralement réservé à la macrophotographie en studio.

Les bagues d’inversion

Ce sont des bagues spéciales que l’on visse à la place du filtre d’un objectif grand-angle (20, 24 ou 28 mm). Elles permettent de fixer l’objectif à l’envers sur le boîtier. Ce dispositif permet de forts rapports de reproduction mais la distance frontale reste toujours très faible. En ajoutant des bagues allonge on obtient des rapports de reproduction supérieurs à 1 avec un encombrement réduit.

Les objectifs macro

C’est la solution idéale pour qui se spécialise dans ce genre de photos. L’objectif est construit pour la macrophotographie mais convient parfaitement pour le paysage, le portrait, …
Sans aucun accessoire, on va de l’infini au rapport de reproduction 1. Trois focales principales : 50 mm, 100 mm et 200 mm.
Par rapport au 50 mm, une focale plus longue permet de s’éloigner du sujet ce qui est particulièrement recommandé pour la photo d’insectes farouches.

Les problèmes posés par la macrophotographie

Pour un objectif quelconque, la profondeur de champ ne dépend que du rapport de reproduction et de l’ouverture du diaphragme.
Elle ne dépend pas du tout de la longueur focale comme on le dit souvent.
Quand on augmente de le rapport de reproduction, la profondeur de champ diminue.
Plus on ferme le diaphragme, plus on augmente la profondeur de champ.
Jusqu’à des rapports de reproduction de 1/100, la profondeur de champ se répartit 1/3 avant le plan de mise au point et 2/3 en arrière.
En macrophotographie la profondeur de champ est également répartie en avant et en arrière du plan de mise au point.
On voit que pour grandir l’image tout en conservant une profondeur de champ suffisante il est indispensable de fermer le diaphragme au maximum.

Fermer le diaphragme

Ceci conduit à réduire la vitesse pour avoir suffisament de lumière qui traverse l’objectif. On est alors rapidement amené à travailler sur pied mais, dans la nature, le moindre vent fait bouger le sujet et la photo est floue.

Utiliser un film haute sensibilité

On peut employer une film 400, 800 et même 1600 iso mais la taille du grain devient rapidement gênante. Elle sera très visible dans les parties floues.

Concentrer la lumière naturelle

A l’aide d’un miroir plan, on peut augmenter l’éclairement du sujet. On passe alors facilement à la vistesse supérieure.

Une plaque d’aluminium poli que l’on cintre légèrement a un point de concentration important qui permet de passer à deux vitesses au dessus.

Utiliser une source de lumière très puissante

En studio, il est possible d’utiliser une lampe de bureau que l’on approche du sujet. Il faudra utiliser alors un film adapté à la lumière artificielle afin d’éviter la dominante jaune que procurerait un film lumière du jour.

Les films 64T (64 iso) et 320T (320 iso) conviennent mais le dernier possède un grain assez grossier.
En studio comme dans la nature, on pense tout de suite au flash. Avec un film de 100 iso et un petit flash (nombre guide de 12) à 10 cm du sujet, on peut diaphragmer à 22 pour un rapport de reproduction de 1.

Avec un seul flash on peut, et même on doit, opérer en TTL quelque soit l’angle d’incidence par rapport au sujet.
En TTL , l’utilisation de 2 ou 3 flashs risque de poser problème. Il est donc préférable et moins encombrant de n’en employer qu’un seul et de lui associer un réflecteur ou un diffuseur.

Un second petit flash indépendant branché sur une cellule d’auto-déclenchement permet éventuellement d’éclairer le fond qui généralement est flou du fait de la faible profondeur de champ (3 mm à1/1). Ce deuxième flash ne doit pas éclairer le sujet principal afin de ne pas perturber le système TTL de la source principale. 

Aspect artistique

Suivant le nombre et la direction d’éclairement, le rendu artistique du sujet sera très différent.
Schéma ci-dessous : Mise en évidence du relief du sujet par un éclairage rasant et atténuation des ombres par un réflecteur blanc.

Schéma ci-dessous : Eclairage du sujet avec débouchage des ombres par un réflecteur. Le fond, plus éloigné de la source sera plus faiblement éclairé. Le sujet ressortira bien sur un fond un peu sombre.

Schéma ci-dessous : L’éclairage principal provient de la torche 1. Le sujet est débouché en contre-jour par la torche 2. Attention de ne pas voir la torche 2 dans le cadrage. La torche 2 sera placée en hauteur.

Schéma ci-dessous : La torche 1 est l’éclairage principal. La torche 2 sert à déboucher les ombres, elle est éloignée du sujet. Les deux torches éclairent le fond qui sera correctement exposé s’il n’est pas trop éloigné du sujet.

Schéma ci-dessous : Il s’agit ici de la reproduction d’un document. La torche est placée juste à côté de l’appareil. Le document doit être parfaitement mat pour éviter les reflets. Dans ce cas, il est recommandé d’utiliser une lampe de bureau pour contrôler l’absence de reflet.

Schéma ci-dessous : Le document est ici éclairé par deux sources à 40° ce qui garantit l’absence de reflet à condition que le document soit parfaitement plat.

Article rédigé par Bernard Moreaux, président du club Forum Photo à Chambéry. Passionné par la photographie, il s’est spécialisé en particulier dans la photographie animalière et la macro-photographie. Article publié le 09 mars 2009 sur le site www.cours-photophiles.com.

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